Il y a du laisser aller dans l'air, et notamment un grand manque d'inspiration pour les titres, j'admets... Néanmoins, ça résume bien la journée!

Cette journée a démarré avec un grand et beau soleil! De quoi mettre tout le monde de bonne humeur dès le réveil, malgré le petit déjeuner assez improbable (des sortes de galettes frites avec du chou?). Sachant qu'aurait bientôt lieu la seule opération de la journée, et probablement de la semaine, je me prépare, bien motivée à jouer du bistouri une dernière fois!

Malheureusement la préparation tarde, et Yoguesh décide de repousser la chirurgie au début de l'après-midi. J'en profite alors pour faire quelques photos depuis le toit-terrasse, car pour une fois le soleil illumine les collines avoisinantes, me donnant un aperçu de la majesté de l'endroit lors des beaux jours.




Espérant apercevoir le Khanchendzonga (8598m, 3e plus haut sommet du monde) , je scrute l'horizon... mais il reste bien caché!


On a néanmoins une très jolie vue sur le Sikkim, au Nord, et pour une fois on peut voir le détail des collines d'en face, trop souvent cachées par la brume.


Après le repas (et une petite sieste), nous démarrons la chirurgie de la journée, à savoir: amputation. Il s'agit d'un jeune chien ayant eu un accident et dont le fémur est facturé, probablement en de multiples morceaux. Un peu réticente à amputer "juste" pour une fracture, de demande à Yoguesh si, avec des soins appropriés, on ne pourrait pas sauver sa patte. Refus de Yoguesh, qui m'explique que ces propriétaires n'ont absolument pas l'intention de faire des soins compliqués à leur chien (un plâtre est considéré comme un soin compliqué ici), et que s'il y a trop de soins à faire, ils l'abandonneront au refuge, ou pire encore... Dans ce cas-là, effectivement, il vaut mieux pour ce pauvre chien qu'il perde une patte mais qu'il garde des maîtres.

J'ai pu remarquer au cours de mon séjour ici que les soins se devaient d'être particulièrement rapides et efficaces ici, et que si ça durait trop, les gens ne venaient plus. La meilleure preuve avec mon petit amputé que je soignais depuis début juin, cela fait bien 15 jours que ses propriétaires ne sont pas revenus, et nous savons tous pertinemment que quand ils reviendront, c'est que la plaie aura à nouveau suinté et se sera infectée, et il faudra recommencer un mois de soins... bref c'est une histoire sans fin, et j'ai beaucoup de doutes quant à la survie de ce petit chien blanc.

Mais revenons-en à l'amputé du jour qui, lui, est fauve, l'air également très gentil, et qui s'apprête à perdre sa patte arrière droite. Yoguesh a décidé de me laisser opérer en solo, accompagnée de Saila qui, même s'il ne parle quasiment pas anglais, se révèle un excellent assistant. J'entame la dissection des muscles de la cuisse médialement, en cherchant les vaisseaux principaux, à savoir l'artère et la veine fémorales. Je finis par les apercevoir, je repère l'artère et la clampe, et juste devant, je pense voir la veine. Mais Yoguesh (qui était à côté de moi car je préfère tout de même avoir quelqu'un à la tête du chien pour l'anesthésie) me dit, très confiant: ne t'inquiète pas, c'est le nerf, il n'y a pas de veine à cet endroit-là. Ah bon? Ah mince, mon anatomie est déjà tellement obsolète? Bon, faisons-lui confiance, après tout, il n'en est de loin pas à sa première amputation. Je tiens d'une pince le "nerf", et de l'autre, je coupe d'un coup dedans...et me fais littéralement asperger de sang. Ah ben si, il y a bien une veine! Rassurons-nous, j'ai clampé immédiatement derrière, le chien ne s'est pas vidé de son sang, tout va bien... Mais désormais je suivrai MON intuition.

J'ai donc fait le reste de la chirurgie à ma façon, en clampant le muscle avant de sectionner au dessus, de sorte à ce que ça saigne très peu, et le résultat n'est pas si mal. Je n'ai malheureusement pas de photo du carn... heu, de l'opération, mais la suture finale, quoiqu'un peu tendue, est plutôt jolie et pourra drainer sans souci.

Nous laissons donc le chien se réveiller tranquillement dans la salle...et l'oisiveté recommence. A la nuit tombée, je remonte sur le toit, espérant toujours aperçevoir cette montagne mythique. Je capture quelques sommets de la chaîne Himalayenne...


...mais le Khangchendzonga restera cachée derrière les nuages...


Le panorama doit être vraiment magnifique ici quand il n'y a pas de nuages, cela donnerait presque envie de rester plus longtemps pour attendre les beaux jours! Enfin, on va commencer par prier pour que ce beau temps continue pendant une petite vingtaine de jours, ça serait parfait!