Voila, ça y est, à l'heure où j'écris ces lignes mon chéri est dans l'avion pour Londres, demain matin Londres-Delhi, après-demain matin Delhi-Calcutta et enfin Calcutta-Bagdogra! Un long voyage avec un sac à moitié rempli d'un nombre impressionnant de médicaments et matériels médicaux, tous offerts gracieusement par des gens de tous horizons: Rémy mon vétérinaire de Saverne (un grand merci à lui!), des bénévoles de la SPA de Saverne, des amies (merci Alexia!) et surtout des membres du forum 1cheval.com, qui ont répondu vite et massivement à l'appel que j'avais lancé il y a moins de 15 jours. Un immense merci à tous! Il y avait tellement de matériel et médicaments que tout n'a pas pu partir dans cette valise, et le reste sera soit envoyé par la poste en septembre, soit confié à Bénédicte, la française habitant à Siliguri, quand elle reviendra en France en décembre prochain... à suivre, donc!

La préparation du sac ayant pris beaucoup de temps hier soir, je suis restée debout jusqu'à une heure totalement indécente (4h45), mais cela m'a permis d'assister à un spectacle pour le moins magique: le lever du soleil! La fatigue et le mal de crâne ont fait que je n'ai pas attendu une demi heure de plus pour voir réellement le soleil se lever, mais j'ai vu la luminosité augmenter et entendu les oiseaux piailler... Petit moment magique que je garderai sans doute longtemps en mémoire, comme ce ciel encore tout engourdi de la nuit qui s'éveille à travers les nuages...




Heureusement pour moi, l'inactivité temporaire du refuge a fait que ma grasse matinée jusqu'à 10h30 n'a dérangé personne et n'a en rien perturbé les (non) activités de la journée. J'en ai profité pour demander à Bidia de me tatouer les mains au henné, pour parfaire ma tenue d'indienne pour samedi! A ce sujet, comme le principal intéressé n'a plus accès à internet, je peux enfin me permettre de mettre sur la toile la photo de mon sari!



(photo du 12 juillet dernier)

Cependant, il me reste encore une dernière chose à faire en ville: soigner Mousken, le poney boiteux de la veille. Je pars donc vers midi, les mains encore pleines de henné séché, pour la ville. Sur la route, je croise évidemment des chiens errants, qui profitent du ciel clémant pour faire la sieste dans la rue.
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Juste avant d'arriver aux stalles des poneys, je m'engouffre dans un petit magasin de Chowrasta, juste à la droite du marchand de liqueurs, et que les australiens m'avaient chaleureusement recommandé. Je n'y trouverai pas le bracelet de bras que je cherche depuis si longtemps, mais ceux-ci n'étaient tout de même pas vilains.




A ma sortie du magasin, la pluie fine s'est transformée en trombes d'eau et je retrouve alors les soigneurs abrités juste devant les stalles, visiblement ra vis de me voir. Je leur demande comment va Mousken, ils me répondent qu'il va un petit peu mieux, l'appétit est toujours aussi bon et ça a dégonflé. Je me pen che pour voir les dégâts, mais effectivement, le membre a dégonflé de moitié! Il faut dire qu'ils se sont carrément relayés pour faire les soins tels que je leur avais montré! Comme quoi, il faut toujours croire aux miracles! Mousken aura tout de même droit à son injection de méloxicam (anti-inflammatoire), et cette fois-ci, je l'attacherai moi-même très court pour qu'il ne nous refasse pas le cirque des deux dernières fois. Cela me fait un peu mal au coeur de devoir attacher un cheval très court par les rênes du mors, et de le voir tirer dessus, mais je préfère ça plutôt que de me retrouver avec un cheval étalé par terre car il aura glissé sur le carrelage mouillé...


Ma mission de la journée terminée, je reprends mes préparatifs de mon séjour "touristique" à Darjeeling. Cela passe évidemment par un hôtel sympathique et pas trop cher! Après avoir tenté sans succès de négocier une chambre à l'hôtel Aliment, je passe devant un bel hôtel, le Silver Cascade, qui a un mur assez original (statue de Shiva)





A première vue, cet hôtel est bien trop cher pour le budget de 200 roupies par nuit que nous nous étions fixés, mais une question ne coûtant qu'un peu de salive, je passe la porte de ce charmant hôtel. La gérante m'accueille avec le sourire et ne s'en départit pas quand je lui annonce que je cherche une chambre pas chère pour passer deux nuits. Elle me dit qu'ici, en hors saison, elle brade les chambres car elle préfère avoir des chambres remplies plutôt que l'hôtel complètement vide, et que les premiers prix pour les chambres doubles commencent à 300 roupies. Un peu au dessus du budget de départ, mais je ne saurais refuser l'invitation à voir la chambre. Et là... TRES agréable surprise: jolie vue, ou du moins belle exposition, la vue étant bouchée par les nuages, mais je sais pour connaitre un peu la topographie de la ville que d'ici, par temps clair, on doit avoir une belle vue sur la chaine himalayenne. A cela s'ajoutent un balcon privé, une salle de bains avec eau chaude 24h/24 (alors qu'à l'autre hôtel il n'y avait d'eau chaude que de 16h30 à 18h...), la télé avec le cable, et une décoration à la fois typique mais tout à fait de bon goût. Bref, une petite merveille, qui se loue, en pleine saison, 2500 roupies me dit la femme de chambre. La cerise sur le gâteau sera d'entendre des noms d'oiseaux en français provenant d'une chambre à côté... Je me précipite (j'exagère à peine) pour tomber sur 3 jeunes hommes, dont l'un râle comme un putois à cause de la coupure d'électricité (forcément...), et avec qui je discuterai pendant une bonne demi-heure (ils voyagent à travers l'Inde pendant 2 mois), et aurai la confirmation que cet hôtel est absolument charmant et d'un rapport qualité/prix imbattable (ils avaient dormi à l'Aliment avant de se rabattre sur le Silver Cascade).

Réservation faite pour deux nuits, je commence ma descente vers le Bazaar pour rentrer. En contournant l'hôtel, je tombe sur une fresque originale, dont je n'arriverai malheureusement pas à savoir ce qu'elle représente





Il y a néanmoins un petit air de fresque de Parthénon qui n'est pas pour me déplaire!


En passant dans Ladenla Road, la soif se fait sentir... petit détour par le Big Bite, où le lassi sera délicieux, certes un peu plus cher qu'au Unique, mais vraiment agréable. Petite frayeur au moment de finir mon verre... il y a des glaçons au fond! Cela dit, plus de 9h après avoir bu ce lassi mon ventre va toujours très bien... Cela dit il faut rester vigilant, le couple de lyonnais que j'avais rencontré m'ont raconté que lors de leur dernier voyage ils avaient attrapé la tourista...à leur retour en France! La pluie, qui avait temporairement cessé, redouble de plus belle, et me donne l'occasion de photographier un autre parapluie arc-en-ciel. Décidément j'aime beaucoup ces parapluies, c'est une jolie touche de couleur dans un paysage gris!




Toujours occupée à planifier notre séjour en amoureux, je me dirige (pour la première fois d'ailleurs) vers le quartier de la gare. Cette gare est le terminus du fameux Toy Train, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, et qui relie Siliguri à Darjeeling en 8 longues heures.

Vue de la gare





Dans la gare, une chienne dort paisiblement sur un banc. Elle ne m'en voudra pas trop de la réveiller puisque ce sera pour manger le naan que je lui tends!





La stèle rappelant le statut du Toy Train





A mon retour à Lebong, je ressens un grand coup de barre (je me demande encore comme j'ai fait pour m'endormir dans le taxi en moins de 10 minutes) et ne remarque pas tout de suite Uno qui me tourne autour. Mais qui est donc Uno? C'est vrai que je ne vous ai jamais parlé d'elle je crois... Uno est une chienne errante vivant à Lebong, dans la rue principale (donc en contre-haut du refuge), et qui est trèèèès sympathique... et gourmande! Les jelabis, ce n'est pas assez bon pour elle, les biscuits, il faut les sélectionner... Bref, tout le monde l'adore et elle est gâtée de tous les côtés. Cela ne l'empêche pas de venir voir régulièrement les humains simplement pour réclamer des caresses, comme ici. D'ailleurs, en regardant la photo attentivement, vous comprendrez peut-être pourquoi elle s'appelle Uno.





Quelques mètres plus bas, talonnée par Uno, je tombe sur une deuxième bouille familière: la petite chatte blanche que j'ai énucléé il y a quelques semaines! Je l'observe en vitesse, elle va très bien et la blessure est très belle.






Je craignais la rencontre entre la chienne et la chatte, mais visiblement les deux se connaissaient déjà, et la chatte a un caractère absolument adorable! Ceci m'a permis de prendre une photo pour le moins étonnante... deux animaux sur la photo, tous deux borgnes du même oeil!




De retour au refuge, je termine mes préparatifs, tout en prenant auparavant une photo de mes mains, car à coup sûr avec le contact de la lessive, la couleur risque de s'éclaircir. Je ne sais pas trop ce que Bidia m'a dessiné sur la main droite, mais la main gauche est plutôt réussie!