Dernier jour seule à Darjeeling, et dire qu’au début je me plaignais de la lenteur du temps qui passe ! C’est toujours comme ça de toute façon, on se dit qu’on va avoir le temps de tout faire, de faire un blog très complet, avec pleins de catégories, des montages vidéos à la pelle, des photos triées et classées par catégorie… et puis le dernier jour arrive, on n’a pas fait la moitié de ce que l’on voulait… et on n’en a plus le temps. Tant pis, je continuerai ce blog en France, j’y raconterai, avec moultes photos évidemment, notre périple dans les montagnes du Bengale Occidentale et du Sikkim, nos visites planifiées ou non d’autres endroits improbables… bref, un petit aperçu des deux semaines de bourlingue que j’ai hâte d’entamer avec mon chéri !

Après avoir fini de préparer et ranger ma chambre, je suis partie avec Bénédicte (la française mariée à un indien) pour Siliguri, en faisant un petit détour par Chowrasta pour refaire une injection d’anti-inflammatoire à Mousken, qui va visiblement beaucoup mieux. Pour l’occasion j’ai pu remarquer qu’ils avaient mis un bandage de fortune, apparemment imbibé d’eau, pour refroidir le membre entre deux douches.



Le membre a encore un peu dégonflé d’ailleurs.



En attendant que Bénédicte me recherche en taxi, je vais manger au Hasty Tasty, où j’avais goûté pour la première fois un thali du Nord de l’Inde. Pour le coup, je comptais manger léger, route cahotique juste après oblige, et j’ai donc commandé deux idlis. En repartant, je passe devant l’étal où les thalis sont présentés, et je n’ai pas résisté à l’envie de les prendre en photo pour vous montrer la différence

Thali d’Inde du Nord


Thali d’Inde du Sud


« Special Thali »… à part le riz qui est différent, je ne vois pas trop la différence, mais bon…



Le repas de Bénédicte avec ses beaux-parents tardant un peu, je décide de faire un petit tour…par Chowk Bazaar, pour changer ! J’y trouverai les fameuses robes de chambre, qui peuvent être portées à la fois pour dormir ou bien pour sortir en ville… Le bon goût incarné !



Par contre les pashminas de cet étal semblaient assez jolies avec des motifs typiques mais pas trop kitsch… ou bien est-ce moi qui commence à me faire au goût indien ?

Enfin, un petit tour dans une « ruelle » de Chowk Bazaar que je regrette de ne pas avoir traversé plus tôt ! J’ai pu y prendre en photo un bel étal de légumes…


… des jolis sacs de thé…


… et des paneers ! Jusqu’alors je ne savais pas de quoi il s’agissait, mais je n’ai pas résisté à l’envie de demander à goûter, et verdict : ça ressemble beaucoup à de la mozzarella, même si c’est fait à partir de lait de vache.



La suite du récit sera malheureusement sans photos car durant la route la météo était exécrable, et la conduite un peu sportive du chauffeur m’a rendue malade ! Heureusement en somnolant la nausée est un peu passée et j’ai pu profiter des paysages de la plaine, très différents de ceux des montagnes, hormis plusieurs plantations de thé (comme quoi il y a également du thé en plaine, même si ce n’est pas la même sorte de thé que celui de Darjeeling apparemment) et des forêts d’arbres immenses, implantées par les anglais pour les constructions coloniales à l’époque.

Bénédicte me parle de Siliguri, cette ville à seulement 3h de route de Darjeeling et pourtant tellement différente, tant par le climat (vrai climat indien, très chaud et lourd en cette saison) que par la mentalité des gens, bien moins accueillante que celle des gens des montagnes. D’ailleurs on peut remarquer cela en observant les chiens des rues, tous très maigres et très fréquemment galeux…

Elle m’emmènera manger le soir dans un petit restaurant, où je dégusterai mon premier vrai curry au poisson, délicat mais pénible à manger en raison de toutes les arêtes… décidément cette manie de couper les morceaux n’importe comment m’exaspère tout doucement.

Voila, je ne sais pas trop quoi dire pour la fin, mais je ne réalise pas trop encore, je crois. J’aimerais encore refaire une matinée de stérilisations, à faire 6 chiennes d’affilée, ça a quelque chose de grisant et très amusant, même si j’admets qu’il faut être légèrement frappée du bocal (ou vétérinaire, cela revient au même !) pour apprécier de faire ce genre d’acte à la chaîne…

Pour ceux qui souhaitent poursuivre les aventures d’une autre française en Inde, je vous invite à voir le blog de Bénédicte, qui vit à Siliguri depuis 3 mois mais qui vient très fréquemment en Inde depuis bientôt 7 ans, pour rejoindre son mari.
http://www.vismavieeninde.blogspot.com

Elle a fait beaucoup de bénévolat auprès des aveugles, des enfants, dans les mouroirs de mère Thérésa à Calcutta, dans des associations équivalentes aux refuges où j’étais, mais dans le Ladakh, un ancien royaume bouddhiste dans le nord-ouest de l’Inde où les conditions météos sont drastiques (désert à 3500m d’altitude), enfin bref, une fille passionnante qui n’est jamais à court d’histoires croustillantes, drôles ou horribles, mais des petits bouts d’Inde vécus, qui mis bout à bout reflètent bien cette mosaïque géante qu’est ce sous-continent indien. L’inde, on aime ou on n’aime pas, personnellement ce fut une expérience fantastique car j’ai pu y côtoyer les extrêmes, la plus grande bonté comme la cruauté gratuite, l’attention presque affable et le m’en-foutisme horripilant, la beauté et la laideur, bref, une expérience unique dont je ne réalise sûrement pas encore la portée, mais dont je garderai un souvenir impérissable. Pas forcément extrêmement bon, car il y a des aspects de l’Inde dont on préfèrerait ne pas avoir connaissance, mais inoubliable, ça c’est certain !